Voyage parlementaire à Bruxelles : Jour 2

15 janvier 2021

Notre seconde journée en Belgique s’ouvre avec une approche parlementaire et historique de la création de la loi sur l’euthanasie avec des Parlementaires à l’initiative de celle-ci, dont Philippe MAHOUX (PS) qui est l’un des 6 signataires de la proposition de loi, ainsi que Daniel BACQUELAINE (MR), qui siégeait à la Chambre des représentants en 2002.

A retenir: sans unité et un travail collectif et transpartisan, nous n’avancerons pas.

Nous continuons cette journée avec Jean-Paul Van Vooren, professeur à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) et chef de clinique Hôpital Erasme, qui nous parle du rôle des soins palliatifs lors d’une conférence : écouter le patient, comprendre son histoire, ses inquiétudes, ses attentes. Faire participer le patient pour adapter les soins à sa propre définition de la fin de vie.

Nous avons fini par la projection du film « Les mots de la n », sur la fin de vie en Belgique, suivie d’un débat avec les réalisatrices, le Professeur François DAMAS, ancien chef de service en soins palliatifs et ancien membre de la CFCEE et le Docteur Frédéric SUPIOT, neurologue à l’hôpital Erasme, médecin français et membre du parti EELV.

Ce qui nous frappe tous au cours de nos échanges avec tous ces médecins formidables qui pratiquent l’euthanasie, c’est l’humanité et l’humilité dont ils font preuve. Leur état d’esprit doit tous nous inspirer en France et je les remercie pour leur partage.

Avant ces deux journées, nous pensions bien connaître le sujet. Et pourtant, nous avons beaucoup appris. Nous avons rencontré des médecins pratiquant l’euthanasie, remplis d’humanité et d’humilité.

Après 18 ans, la loi sur la dépénalisation de l’euthanasie est parfaitement intégrée et bien appliquée. Malheureusement, les Français sont de plus en plus nombreux à s’exiler en Belgique pour y vivre leurs derniers jours.

Ce voyage a confirmé une conviction profonde partagée : la loi pour laquelle nous nous battons est une loi de liberté, qui laisse le choix à chacun de décider de sa fin de vie.

Cette liberté de choix est l’élément fondamental de notre combat. L’aide active à mourir accorde un droit nouveau à ceux qui le souhaitent sans restreindre celui des autres. C’est une nouvelle liberté qui n’ampute en rien celle d’autrui.

Le débat est d’ailleurs en Belgique très ouvert au sein des communautés religieuses, pourtant à priori réticentes sur ce sujet. L’Espagne, le Canada, le Portugal et l’Allemagne ont légiféré sur le sujet. 95 % des Français sont favorables à une évolution de la loi.

Tout cela ne fait que renforcer notre envie de nous battre pour que chacun puisse avoir le choix de décider de sa vie en France.

Nous espérons pouvoir porter ce projet rapidement sur les bancs de l’Assemblée nationale et y obtenir le soutien de la majorité de nos collègues.

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