Question orale à la Ministre de la Santé et des Solidarités sur la situation des hôpitaux

17 janvier 2018

J’ai interpellé Agnès Buzyn, Madame la Minitre de la Santé et des solidarité sur la situation préoccupante des hôpitaux.

Cet hiver encore, les services des urgences des hôpitaux français ont dû faire face à une situation extrêmement tendue. D’aucuns pourraient évoquer une situation exceptionnelle, mais la réalité est tout autre. Le rapport d’information no 685 de la commission des affaires sociales du Sénat, déposé le 26 juillet dernier, donne l’alerte sur la hausse des passages aux urgences tout en notant une évolution des motifs de visites.

La tension dans les services d’urgences n’est donc plus uniquement saisonnière. C’est tout au long de l’année que ces services sont saturés et, avec l’épidémie de grippe hivernale, l’incapacité pour les hôpitaux de répondre aux urgences atteint un stade critique. Ainsi, les urgences du CHU de Nice, qui accueillent ordinairement 200 patients, ont vu leur nombre passer à 320 ces derniers jours.

Cette situation n’est pas viable sur le long terme pour le personnel soignant, qui s’inquiète de la surpopulation aux urgences et des problèmes de sécurité et de prise en charge qui peuvent en découler. Elle traduit également un malaise plus global au sein de l’hôpital.

Madame la ministre, si on en est arrivé à cet état de fait, c’est en raison à la fois de la méthode de financement des hôpitaux, qui sont devenus la variable d’ajustement de l’assurance maladie, des économies imposées, qui ont conduit à la suppression de lits, du manque de considération envers les personnels hospitaliers, dont la charge de travail les pousse souvent à exercer en libéral, et enfin et surtout des difficultés d’accès à un médecin dans de nombreux territoires ruraux et de montagne.

Madame la ministre, qu’en est-il de la promesse du candidat Macron de plafonner à 50 % la part de la tarification à l’activité dans le financement des hôpitaux, contre 70 % aujourd’hui ? L’hôpital ne peut être géré comme une entreprise. La santé coûte cher, c’est vrai. Elle est toutefois notre bien le plus précieux. Comment repenserez-vous les modes de financement des établissements publics et privés de santé ?

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